La fonction de maire concentre beaucoup de pouvoirs. Et quand elle est occupée par une personne dont l'esprit démocratique est peu solide, cela amène à des excès très dangereux.
A Puteaux (Hauts-de-Seine), le maire UMP, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, a été condamnée pour avoir sous entendu que j'étais pédophile ! Manière pour le moins radicale (à l'époque j'ai parlé d'"assassinat social") de faire taire un blogueur gênant.
Parce que j'ai été très soutenu, notamment par la communauté des blogueurs, j'ai eu la capacité de me défendre contre cette odieuse campagne.
Je retrouve dans ce qui est en train de se passer à Noisy-le-Sec (Seine-St-Denis) un peu le même scénario : 93sang30.com, un blog critique de la majorité municipale en place, est soumis par celle-ci à une importante pression judiciaire. Le maire PS, Alda Pereira Lemaitre (photo ci-contre), multiplie les procédures contre le blogueur tout aussi gênant et va jusqu'à l'accuser d'homophobie, parce que dans une note, à propos d'une course cycliste, il écrit le mot "pédale". Je suis homosexuel, j'ai lu cette note et je n'ai rien lu d'homophobe là-dedans. Mais c'est bien connu : "diffamez, diffamez... il en restera toujours quelque chose".
Quand on a un pouvoir nouveau -Alda Pereira Lemaitre est maire depuis mars dernier- on pense peut-être que la justice se doit d'être systématiquement de son côté. Et lorsque la justice n'est pas assez flexible, alors on estime peut-être avoir toute latitude pour parvenir malgré tout à ses fins, y compris franchir la ligne jaune.
Quand on l'interroge, le maire de Noisy-le-Sec explique avoir engagé cette guerre anti-blog quasiment contre sa propre volonté. A Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud a expliqué exactement la même chose. "C'est pas moi, c'est l'autre". En plus, ils n'assument pas leurs atteintes au droit.
Alors il va falloir du temps (la justice est longue), alors beaucoup d'argent public sera dépensé pour rien (le maire finance ses procès en puisant dans le budget municipal), alors un citoyen sera soumis à cette pression insupportable (à laquelle dans un état de droit nous ne sommes pas préparés), mais à Noisy-le-Sec comme à Puteaux, la justice est saisie et aura heureusement le dernier mot. Parce que nous sommes en France et parce que nous sommes en démocratie. N'en déplaisent à ces quelques maires pour qui la liberté d'expression s'arrête à la frontière de leur commune.
Christophe Grébert


