Le MRAP a cité à comparaître le jeudi 5 avril devant la XXVIIème chambre correctionnelle du TGI de Paris, Olivier Saint-Cricq, non pas en sa qualité de directeur de la publication de la Nouvelle République mais en qualité de responsable du blog du journal. La citation à comparaître le présente comme "complice" des délits de provocation à la discrimination et à la haine raciale et de diffamation publique et raciale dont le MRAP accuse Paul Girot de Langlade, préfet d'Indre-et-Loire.
L'affaire fait suite à une interview dans laquelle Paul Girot de Langlade avait déclaré à propos des Gens du Voyage : "Il y en a trop sur le département. On a été trop laxiste pendant trop longtemps... Chacun sait que quand ils arrivent quelque part, il y a de la délinquance."
Il peut cependant sembler étonnant que le MRAP ait choisi de poursuivre le blog du journal, qui a repris une partie de l'interview, plutôt que le quotidien dans lequel les propos avaient été initiallement publiés le 23 novembre dernier.
"Ficelle d'avocat" avoue l'association anti-raciste : en attaquant le blog, elle peut porter l'affaire devant la XVIIème chambre correctionnelle, souvent amenée à juger ce type d'affaires, alors qu'une citation à comparaître à l'encontre du journal aurait été jugée au siège du journal, à Tours.
"Ce n'est pas la seule raison" précise Me Pierre Mairat, avocat de l'association. "Les commentaires publiés sur le blog illustrent parfaitement le déferlement de haine provoqué par les déclarations du préfet d'Indre-et-Loire".
Si le billet et les commentaires incriminés sont consignés dans la citation à comparaître, il n'est plus possible aujourd'hui d'en prendre connaissance : le billet et ses commentaires ont été supprimés du blog de la Nouvelle République sans un mot d'explication. Pas un mot non plus sur l'affaire en cours, qui a pourtant fait l'objet d'un article dans l'édition papier de ce mardi 3 avril.


