Le journaliste de iTélé Laurent Bazin tenait depuis quelques mois un blog, dans lequel il chroniquait l'actualité politique d'une manière très personnelle, n'hésitant pas à rapporter des propos qualifiés de "off". Son compte-rendu d'un déjeuner avec Nicolas Sarkozy avait fait pas mal de bruit sur la blogosphère, tout en restant étonnement quasi ignoré des médias traditionnels. Déjà, il avait décidé de retirer sa note après quelques jours de polémique.
Dans une dernière note, Laurent Bazin prend la peine de s'expliquer sur l'arrêt de son carnet en ligne :
"(..) Il m'est impossible de continuer l'exercice de transparence que je m'étais imposé le 16 novembre dernier en entamant ce dialogue avec vous. Je réalise aujourd'hui, sans doute trop tard, qu'en vérité on ne peut pas "tout publier". Formidable naïveté de ma part, presqu'inquiétante diront certains après vingt ans de métier.
Nicolas, Segolène et les autres n'y sont pour rien.
Apparemment, dans ma volonté de tout vous raconter, des repas aux coulisses et des plateaux au maquillage, ce sont mes confrères qui ont le plus souffert. En trois mois, j'ai ainsi blessé des journalistes politiques plein de talent et à qui je croyais rendre hommage. Exaspéré d'autres qui ne comprenaient pas mon parti-pris. Déclenché la colère enfin d'ami ou d'ami-d'amis qui se sont sentis mis en cause (..)".
Y-a-t-il eu des pressions et de qui ? L'entourage de Nicolas Sarkozy appréciait peu cette liberté de parole. Mardi encore, Bazin publiait une info gênante sur Franck Louvrier, le conseiller en communication du ministre de l'intérieur.
La note dans laquelle le journaliste de iTélé annonce la fin de son blog a provoqué pas loin de 400 commentaires en 24 heures. Avec ce cas, la question de l'absence de liberté d'expression -pour un employé, journaliste ou pas- au sein de l'entreprise se pose à nouveau.
L'entreprise n'est pourtant pas en dehors de la République et de ses règles !


