C'est l'une des petites légendes de l'internet : Etienne Chouard, professeur et internaute de province, aurait eu une influence dans le résultat négatif au référendum sur la constitution européenne. Or, la réalité est toute autre : Etienne Chouard a publié son article critique le 25 mars 2005, c'est à dire "au moment où le non est au plus haut dans les sondages. Il n’est donc pas responsable de cette situation", constate -graphiques à l'appui- Thierry Crouzet sur son blog.
Si les journalistes avaient un peu vérifié ces données facilement disponibles, ils n'auraient pas écrit tant de bétises sur ce "phénomène" qui n'a en réalité touché que quelques milliers de personnes déjà convaincues -pour de bonnes ou de mauvaises raisons- de voter contre la poursuite de la construction européenne.
C'est bien mal connaître le fonctionnement du net que de penser qu'un simple site peut avoir de l'influence sur un événément. C'est un réalité le réseau dans son ensemble qui EST/FAIT/REVELE l'opinion générale. Pendant la campagne référendaire, il est certain que la tendance du net -l'ensemble des notes et des commentaires majoritairement négatifs sur l'action du gouvernement, sur la présidence, sur la situation économique et le niveau de vie de chacun- laissait présager le résultat que l'on sait.
Etienne Chouard, dans ce cadre, n'a été qu'une voix suiveuse parmi de nombreuses autres, et sans doute l'une de celles, en vérité, qui a le moins influencé, car la plus fermée (Chouard tenait un site classique, pas un blog avec possibilité de laisser des commentaires) et la plus caricaturalement anti-européenne (tout argument développé devait démontrer la malfaisance du projet constitutionnel). Le prof internaute était donc le moins succeptible de retourner une opinion modérée, celle qui fait ou défait une élection.


