Pas besoin d'aller jusqu'au recommandé, Xavier,
pour essayer de bâillonner la parole libérée... Les blogueurs locaux sont bien
souvent tenus dans une étrange indifférence par certains protagonistes du "monde
réel", comme si, en n'en parlant pas, leur propos n'allaient pas se répandre.
Comme si en les ignorant, leurs propos n'allaient pas avoir d'impact. La presse
locale, plus par manque de compétence, ignore bien souvent l'activité
électronique des communautés citoyennes locales. Il en est de même pour les
institutions, les associations, les corps constitués et leurs représentants.
Pour beaucoup, il suffit de fermer les yeux très fort, pour croire que la parole
locale électronique n'existe pas.
Ainsi, les blogueurs locaux qui souhaitent accéder aux communiqués de presse des instances locales sont bien souvent rembarrés - quand on prend le soin de leur répondre. Leurs demandes d'interviews sont, le plus souvent, systématiquement mises de côtés. Malgré leur audience, pour bien des thuriféraires locaux, ils ne représentent pas une instance avec laquelle il est possible d'échanger. Ils ne sont pas un acteur du jeu local : ils ne sont que des perturbateurs. Volontiers critiques - "les blogs locaux se définissent d'abord dans la contestation : que leur opposition soit systématique ou plus constructive, ils ne tirent leur légitimité que de la pertinence de leur analyse et par leur rôle de forum, de lieu de débat" -, ils représentent d'abord le danger et le risque de la polémique. Un danger fantasmatique : il suffit d'une réponse, bien souvent, pour mettre fin aux dérives. Comme le souligne les théories et pratiques politiques de la délibération, ce n’est qu’en répondant que les débats progressent, que les idées s’enracinent, que les contre-exemples prennent du poids. Encore une fois, on fait bien plus progresser ses idées en les discutant, qu’en laissant la parole filer au gré des vents.
Pourtant, face à la nouveauté, un consensus veut qu'on regarde les blogueurs locaux en chien de faïence. L'indifférence est bien souvent le meilleur moyen, pense-t-on, pour les faire taire. Bien que pris à parti, élus et représentants locaux feignent de ne pas participer, tout en s'abonnant chaque matin au fil des billets et plus encore à celui des commentaires, avides d'en apprendre toujours plus de ce que pensent leurs concitoyens. Bien souvent pourtant, ils continuent de traiter les commentaires, les questions, les reproches avec la même indifférence. Ne pas répondre, pour ne pas donner d'importance.
Les blogs locaux subissent une forme d'ostracisme light : les médias locaux, la presse municipale comme d'opposition ne parle bien souvent pas d'eux. Ni en mal, ni en bien. Comme si l'indifférence dans laquelle on les tenait allait les cantonner à l'internet, ce média où l'on trouve tout et surtout n'importe quoi... Une manière de ne leur prêter aucun crédit, aucun sérieux, malgré bien souvent la qualité du travail accomplit.
Et pourtant, tous phagocytent. De plus petit au plus gros, qu'ils aient des actions de sensibilisation à l'internet ou pas, tous contaminent l'internet local. Les blogs locaux de citoyens, de militants comme d'association fleurissent mieux là où certains s'imposent. Les bonnes pratiques, les bons exemples portent leurs fruits. Les conversations, les débats, les forums naissent et se démultiplient... On ne voit de Puteaux que Christophe Grébert, que son talent a imposé, là où il y a maintenant des dizaines de blogs, de citoyens, d'associations qui s'expriment en ligne. Sans compter que ces militants sont d'incroyables animateurs en ligne : en discutant avec les autres internautes, ils créent autour d'eux de véritables communautés dont ils sont l'un des points de gravitation. En révélant l'internet local, ils lui donnent de l'importance, du corps pour ne pas dire de la chair. Leur exemple fait boule de neige, jusqu'au coeur de leur communauté. Comme je le disais dans le premier numéro de Netizen : "La véritable force des blogs locaux n'est pas dans ces sites pris isolément, mais de plus en plus dans le réseau d'interaction local qu'ils font éclore. Leur exemple - encouragé par les commentaires qu'ils inspirent ou les preuves de l'interactivité qu'ils reçoivent (audience, sondage, citation) - fait bien souvent boule de neige. Les plus anciens commencent à égrainer localement toute une galaxie de blogs, en réaction ou en complément, de citoyens, d'associations, d'institutions qui viennent s'identifier et prendre part au débat local."
Bien sûr, sans véritable relais dans les médias traditionnels, dans la ville réelle, leur action prend du temps. Elle se répand lentement d'un réseau à l'autre. Elle balbutie dans la complexité où se tiennent les nouvelles technologies. Elle se ralentit du manque de concertation et de coordination qui font la force et la faiblesse des mouvements spontanés et non structurés. Elle reste d'autant plus éclatée et diversifiée que les outils passerelles prennent d'autant plus de temps à mettre en place que leur auteur est bénévole et isolé... Leur action n'en est pas moins réelle et finira par rejaillir et faire ressortir avec encore plus de contradiction l'indifférence où elle est tenue.
Alors oui, les élus, les services, les journaux peuvent continuer longtemps à faire la sourde oreille. A tenter de mettre leurs baillons qu'ils soient de chiffon ou de fer, sur les forums locaux. Pour autant, il va leur falloir apprendre à vivre avec la critique. Encore faut-il qu'ils parviennent à comprendre que celle-ci n'est pas un risque - sauf si vous avez des choses à vous reprocher -, mais bien une chance : celle de participer à la conversation locale, pour mieux comprendre et mieux servir la vie locale.
Ainsi, les blogueurs locaux qui souhaitent accéder aux communiqués de presse des instances locales sont bien souvent rembarrés - quand on prend le soin de leur répondre. Leurs demandes d'interviews sont, le plus souvent, systématiquement mises de côtés. Malgré leur audience, pour bien des thuriféraires locaux, ils ne représentent pas une instance avec laquelle il est possible d'échanger. Ils ne sont pas un acteur du jeu local : ils ne sont que des perturbateurs. Volontiers critiques - "les blogs locaux se définissent d'abord dans la contestation : que leur opposition soit systématique ou plus constructive, ils ne tirent leur légitimité que de la pertinence de leur analyse et par leur rôle de forum, de lieu de débat" -, ils représentent d'abord le danger et le risque de la polémique. Un danger fantasmatique : il suffit d'une réponse, bien souvent, pour mettre fin aux dérives. Comme le souligne les théories et pratiques politiques de la délibération, ce n’est qu’en répondant que les débats progressent, que les idées s’enracinent, que les contre-exemples prennent du poids. Encore une fois, on fait bien plus progresser ses idées en les discutant, qu’en laissant la parole filer au gré des vents.
Pourtant, face à la nouveauté, un consensus veut qu'on regarde les blogueurs locaux en chien de faïence. L'indifférence est bien souvent le meilleur moyen, pense-t-on, pour les faire taire. Bien que pris à parti, élus et représentants locaux feignent de ne pas participer, tout en s'abonnant chaque matin au fil des billets et plus encore à celui des commentaires, avides d'en apprendre toujours plus de ce que pensent leurs concitoyens. Bien souvent pourtant, ils continuent de traiter les commentaires, les questions, les reproches avec la même indifférence. Ne pas répondre, pour ne pas donner d'importance.
Les blogs locaux subissent une forme d'ostracisme light : les médias locaux, la presse municipale comme d'opposition ne parle bien souvent pas d'eux. Ni en mal, ni en bien. Comme si l'indifférence dans laquelle on les tenait allait les cantonner à l'internet, ce média où l'on trouve tout et surtout n'importe quoi... Une manière de ne leur prêter aucun crédit, aucun sérieux, malgré bien souvent la qualité du travail accomplit.
Et pourtant, tous phagocytent. De plus petit au plus gros, qu'ils aient des actions de sensibilisation à l'internet ou pas, tous contaminent l'internet local. Les blogs locaux de citoyens, de militants comme d'association fleurissent mieux là où certains s'imposent. Les bonnes pratiques, les bons exemples portent leurs fruits. Les conversations, les débats, les forums naissent et se démultiplient... On ne voit de Puteaux que Christophe Grébert, que son talent a imposé, là où il y a maintenant des dizaines de blogs, de citoyens, d'associations qui s'expriment en ligne. Sans compter que ces militants sont d'incroyables animateurs en ligne : en discutant avec les autres internautes, ils créent autour d'eux de véritables communautés dont ils sont l'un des points de gravitation. En révélant l'internet local, ils lui donnent de l'importance, du corps pour ne pas dire de la chair. Leur exemple fait boule de neige, jusqu'au coeur de leur communauté. Comme je le disais dans le premier numéro de Netizen : "La véritable force des blogs locaux n'est pas dans ces sites pris isolément, mais de plus en plus dans le réseau d'interaction local qu'ils font éclore. Leur exemple - encouragé par les commentaires qu'ils inspirent ou les preuves de l'interactivité qu'ils reçoivent (audience, sondage, citation) - fait bien souvent boule de neige. Les plus anciens commencent à égrainer localement toute une galaxie de blogs, en réaction ou en complément, de citoyens, d'associations, d'institutions qui viennent s'identifier et prendre part au débat local."
Bien sûr, sans véritable relais dans les médias traditionnels, dans la ville réelle, leur action prend du temps. Elle se répand lentement d'un réseau à l'autre. Elle balbutie dans la complexité où se tiennent les nouvelles technologies. Elle se ralentit du manque de concertation et de coordination qui font la force et la faiblesse des mouvements spontanés et non structurés. Elle reste d'autant plus éclatée et diversifiée que les outils passerelles prennent d'autant plus de temps à mettre en place que leur auteur est bénévole et isolé... Leur action n'en est pas moins réelle et finira par rejaillir et faire ressortir avec encore plus de contradiction l'indifférence où elle est tenue.
Alors oui, les élus, les services, les journaux peuvent continuer longtemps à faire la sourde oreille. A tenter de mettre leurs baillons qu'ils soient de chiffon ou de fer, sur les forums locaux. Pour autant, il va leur falloir apprendre à vivre avec la critique. Encore faut-il qu'ils parviennent à comprendre que celle-ci n'est pas un risque - sauf si vous avez des choses à vous reprocher -, mais bien une chance : celle de participer à la conversation locale, pour mieux comprendre et mieux servir la vie locale.


